Après la publication originelle de Saint-Pétersbourg en 2007 et celles de New-York en 2009 par l'Académie des Sciences de NY, celles de Kiev en 2011 et Tokyo en 2013, c'est la cinquième édition de cet ouvrage, actualisée autant que possible avec les nouvelles données disponibles au fil du temps, et confirmant l'importance énorme des conséquences de la catastrophe pour la santé humaine et l'environnement.
Extrait de la présentation par IndependentWHO : "Six décennies de dissimulation institutionnelle, internationale et à un
niveau élevé, a privé le monde entier d’une information médicale et
scientifique particulièrement importante sur les conséquences sanitaires
des activités nucléaires industrielles et militaires.
Ce livre rend disponibles d’énormes quantités de preuves issues d’études
indépendantes entreprises dans le monde entier et dans les pays les
plus touchés, des données uniques et fiables qui ont été ignorées et
continuent de l’être par l’organisation mondiale de la santé. Il
fournit une vision exhaustive des dimensions réelles de la catastrophe
de Tchernobyl sur la santé et l’environnement."
Il est également possible d'acheter une version papier de ce livre, je vous engage à consulter l'article original sur le site d'IndependentWHO pour en savoir plus à ce sujet. Merci aux auteurs, et à l'équipe française pour cet énorme travail, qui a rendu possible l'accès aux francophones de cet ouvrage unique :
Line Aldebert (traduction, coordination, relecture) Alain Bougnères (mise en forme du document) Marie-Élise Hanne (participation à la traduction de la Partie III), médecin biologiste Thierry Pain (traduction et relecture), traducteur professionnel, membre d’Enfants de Tchernobyl Belarus, botaniste amateur impliqué dans la sauvegarde de stations d’Orchidées et l’éradication d’espèces invasives en région parisienne.
Nota : La version de 2009 de cet ouvrage en langue anglaise peut être téléchargé ICI.
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En complément, vous pouvez voir ou revoir l'intervention du Pr Alexey Yablokov sous-titrée en français, intitulée Leçons de Tchernobyl, lors du symposium d'Helen Caldicott à New-York en 2013 :
Également disponible sur ma chaîne, le numéro de mars 2011 d'Enviro Close-Up avec Karl Grossman et Janette Sherman, intitulé Tchernobyl, un million de victimes :
Steven Starr possède un diplome de technicien de laboratoire médical [MT (ASCP)], obtenu à l'École des Professions de Santé de l'Université de Columbia, Missouri. Il y tient actuellement le poste de directeur du programme scientifique du laboratoire clinique, après avoir exercé dans de nombreux hôpitaux pendant 27 ans.
Mr Starr est membre de Physicians for Social Reponsibility , et de la Nuclear Age Peace Foundation.
Ses écrits sont publiés par plusieurs organisations dont l'Institut de
Physique et de Technologie de Moscou, et il a travaillé avec plusieurs
gouvernements étrangers et l'ONU à l'élimination des armes nucléaires.
Il est également expert dans le domaine des conséquences
environnementales de la guerre et des armes nucléaires.
Dans cette vidéo réalisée à l'occasion du symposium de mars 2013 à New York, il nous expose les propriétés délétères des matières radioactives produites lors d'accident nucléaires, et plus particulièrement du tristement célèbre césium 137, qui a notablement contaminé le Japon suite à la catastrophe de Fukushima. Il s'agit là de poisons mortels en quantités infimes, jusqu'au niveau atomique ou moléculaire. Leur activité est des millions de fois supérieure à celle de certains isotopes radioactifs naturels pourtant présents dans l'environnement en quantités bien plus importantes, comme le potassium 40. Autant comparer un bâton de dynamite à une bombe atomique !
Il est ensuite question de la contamination du territoire du Japon, dont les données officielles ne correspondent pas à certaines études scientifiques indépendantes, comme celle du Pr Yukio Hayakawa (voir cet excellent article de Kibô-Promesse), ni certainement à la réalité de la situation sur le terrain. C'est entre 10.000 à 20.000 km carrés qui présentent aujourd'hui une radioactivité supérieure à la dose maximale précédemment autorisée de 1 millisievert par an. On aborde ensuite les dangers induits par la multiplication par 20 de ce niveau autorisé "quand tout va bien", et de la méthode controversée utilisée pour calculer les effets biologiques des rayonnements ionisants, exprimés en Sieverts.
Steven Starr nous parle ensuite des recherches scientifiques du Pr. Youri Bandazhevsky, des phénomènes de bioaccumulation dans les écosystèmes, de la fragilité accrue des enfants et spécialement les filles aux effets de la radioactivité, et de l'état de santé globalement déplorable des jeunes vivant de nos jours dans les zones contaminées par la catastrophe de Tchernobyl.
Souces et crédits : Vidéo originale et diaporama (archive webcast) Vidéo par ERF2012/ Cinema Forum Fukushima / East River Films
Version anglaises de la transcription et diaporama par l'auteur
Traduction française, relecture & édition du diaporama par MEH & François Gillard, relecture & édition finale mes soins
Version française de la transcription vidéo d'après la traduction de Mimi Mato, relecture François Gillard et moi-même
Version allemande de la transcription vidéo par Afaz.at
Édition et sous-titrage de la vidéo en français par mes soins. (Merci à LegionNetworkCH pour la bande son réparée)
Timothy Mousseau est titulaire entre autres d'une maîtrise en zoologie et d'un doctorat en sciences biologiques obtenu en 1988, après quoi il a complété une bourse post-doctorale de deux ans en biologie des populations. Depuis 1991, Il est professeur au département des sciences biologiques de l'université de Caroline du Sud. Auteur de plus de 140 publications scientifiques et de 2 livres, il travaille depuis 1999 avec ses collègues, dont principalement le Dr Anders Møller, directeur de recherche pour le CNRS à l'université de Paris-Sud, sur les conséquences biologiques et évolutionnistes des contaminations radioactives des régions de Tchernobyl en Ukraine et maintenant Fukushima au Japon.
Dans cette vidéo de son intervention lors du Symposium de New York de Mars 2013, le Dr Mousseau nous parle des travaux entrepris avec ses collègues, des méthodes et moyens employés, d'abord à Tchernobyl, puis à Fukushima dès l'été 2011, ainsi que des buts poursuivis : déterminer les conséquences écologiques et au niveau de l'évolution des espèces de l'exposition aux contaminations radioactives de populations d'insectes, oiseaux et mammifères, à Tchernobyl et à Fukushima.
Il nous fait également part des résultats de ses recherches, fruits de 1600 inventaires détaillés sur le terrain :
Augmentation significative des dommages génétiques, directement proportionnelle aux niveaux d'exposition aux contaminants radioactifs.
Taux accrus de malformations et anomalies du développement
Taux de fertilité réduits
Durées de vie réduites
Tailles des populations réduites
Biodiversité en régression, extinction locale de certaines espèces
Transmission des mutations au fil des générations, avec phénomène d'accumulation
Migration des mutations vers des populations non exposées par effets de proximité
Grâce à ce travail remarquable et courageux de pionniers, le Dr Mousseau et ses collègues nous démontrent que sur le terrain, on est bien loin de la légende prétendant que la zone interdite de Tchernobyl est devenue un Éden florissant, un refuge pour la vie sauvage, propagée par le Forum de Tchernobyl, les instances pronucléaires et certaines sources peu scrupuleuses.
De fait, il existe dans la zone de Tchernobyl des périmètres étonnement préservés de la contamination, présentant même une radioactivité de fond deux fois moindre que celle du célébrissime Central Park à New York ! Du fait de l'interdiction de chasse et de présence humaine, certaines espèces peuvent donc s'y multiplier. Mais ailleurs, Tchernobyl est globalement un désastre écologique. Voilà qui remet de nouveau en question la théorie controversée de l'hormésis, c'est à dire des effets non seulement inoffensifs, mais même bénéfiques, des faibles doses de radiations !
Pour Fukushima, les premières observations montrent un impact plus fort de la radioactivité qu'à Tchernobyl, sans que l'on puisse encore en déterminer la ou les raisons exactes. Manque de résistance des organismes non préparés à cette brutale hausse de radioactivité ? Sensibilité supérieure à ses effets ? Ou les créatures de Tchernobyl auraient-elles été capables de développer une certaine adaptation, une résistance aux radiations ? À moins que depuis plus de 25 ans, un phénomène de sélection naturelle n'y ait laissé survivre et se reproduire que les individus et espèces les plus résistants ? C'est sur ces questions que portent les études actuelles du Dr Mousseau et ses collaborateurs.
Comme nous le rappelle en conclusion le Dr Helen Caldicott, il ne faut que quelques années pour que l'être humain montre les mêmes altérations génétiques et anomalies de développement que celles observées ici, comme c'est déjà clairement visible dans certains cas en Russie ou en Suède, suite aux tragédies de Mayak et Tchernobyl ...
Au moment de la rédaction des ces lignes, deux ans et demi après la catastrophe nucléaire, les autorités japonaises viennent d'annoncer les chiffres suivants, pour les enfants de la préfecture de Fukushima :
18 cas de cancers de la thyroïde avérés après chirurgie
25 cas de tumeurs malignes suspectées, en attente d'intervention
Plus de 58% des enfants examinés présentent des nodules de la thyroïde jusqu'à 5 mm ou des kystes jusqu'à 20mm.
Selon une étude (télécharger le PDF) évidemment contestée de Toshihide Tsuda, professeur d’épidémiologie environnementale à l’Université d’Okayama, ces chiffres représentent une incidence annuelle plus de 31 fois supérieure à la "normale". Une progression beaucoup plus forte et rapide que ce qu'on a pu voir en Union soviétique à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. Le Pr Tsuda reconnait toutefois que ses résultats ne doivent pas être pris au pied de la lettre, un "biais" ayant pu être introduit par les processus intensifs de dépistage qui ont eu lieu au Japon, permettant probablement de déceler des cas qui auraient sinon été ignorés, ou découverts beaucoup plus tard.
Voici une conférence d'octobre 2014 du Professeur Anders Pape Møller, Directeur de Recherche au Laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution, Université Paris-Sud XI-AgroParisTech, CNRS.
Presque 30 ans après la catastrophe de Tchernobyl, est-il possible de démontrer les effets nocifs des radiations sur les organismes vivants, y compris les humains ? Depuis 1991, il a en tant que membre d'une équipe de scientifiques étudié les effets à long terme des rayonnements ionisants sur les bactéries, les plantes et les animaux. Ces effets comprennent une augmentation des fréquences de mutations, des anomalies, des cataractes et des tumeurs, une baisse de la reproduction et de la survie, une réduction de l'abondance et de la diversité des plantes et des animaux, la perturbation des services écosystémiques tels que la prédation, la pollinisation ou la décomposition. Leurs dernières études à Fukushima montrent des effets similaires à ceux de Tchernobyl. Aussi, plutôt que les effets invisibles de la radioactivité, son intervention va s’attacher à montrer comment ils peuvent rendre visible l'invisible.
Ce documentaire de Luc Riolon, diffusé par Arte en juin 2010 et août 2012, a suscité de nombreuses polémiques, du fait qu'il soutient la thèse d'une embellie de la vie sauvage dans la zone interdite de Tchernobyl et de l'effet hormésis. Voici son descriptif original :
"Comment la nature reprend ses droits dans la zone interdite entourant la centrale nucléaire de Tchernobyl. Une passionnante enquête sur une énigme scientifique.
Vingt-quatre ans après l'explosion du réacteur n° 4, le 26 avril 1986, la "zone interdite" instaurée dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de la centrale nucléaire offre la vision idyllique et paradoxale d'une nature préservée des ravages de la civilisation. Ce territoire où les radionucléides se sont dispersés irrégulièrement, avec l'explosion et l'incendie qui a suivi, est aussi devenu un vaste laboratoire à ciel ouvert, où les scientifiques étudient sur le long
terme, en situation réelle, les effets de la radioactivité de faible dose sur les organismes vivants. Pourquoi certains oiseaux meurent-ils prématurément, pourquoi la croissance des pins est-elle perturbée, alors que mulots ou peupliers semblent en pleine santé ? Les espèces ne sont apparemment pas égales devant ces radiations : les résultats des recherches sont contrastés, troublants, révélant la complexité du monde vivant."
Je vous conseille vivement la lecture de cet article de Pierre Fetet sur le Blog de Fukushima, où il analyse et commente le documentaire en question, et mentionne également les réactions du Professeur Michel Fernex, du Professeur Jacques Foos, d'Yves Lenoir,Bella Belbeoch et Yohann Moreau. Voir également dans les commentaires de l'article la réaction de Luc Riolon lui-même.
Voici une étude de deux généticiennes de l'Académie Nationale des Sciences du Bélarus, Nadezhda I. Ryabokon et Rosa I. Goncharova, traduite en Français par François Gillard, merci à lui. Cette étude montre qu'à l'appui des observations du Dr Mousseau, les dommages génétiques dus à une exposition chronique à des contaminants radioactifs peuvent s'accumuler au fil des générations et se transmettre à des individus non soumis eux-mêmes à la radioactivité.
Bien que ce ne soit pas spécialement abordé dans la vidéo du Dr Mousseau, son équipe et lui ont également étudié la condition de groupes d'enfants du Bélarus, car malheureusement, l'être humain fait aussi immanquablement les frais de l'exposition radioactive même à faible dose. Voici donc deux documents qui abordent ce point.
Et enfin, un article intéressant ou T. Mousseau et A. Møller nous présentent 10 questions gênantes à propos des accidents nucléaires, et leurs réponses (En + Fr) :
Alexey Yablokov est Docteur ès Sciences biologiques (PhD), ancien membre du parlement de l'Union Soviétique, conseiller environnemental du président Eltsine et de l'administration Gorbachev, membre de l'Académie des Sciences de Russie, co-auteur du livre "Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment".
(Ouvrage traduit en français, cliquez sur ce lien)
Il revient lors de cet exposé sur les nombreux impacts négatifs de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, que ce soit sur l'homme ou son environnement, y compris dans les zones contaminées soumises à de faibles doses de radiations. Il nous rappelle également que là aussi, mensonges et dissimulations ont été de règle de la part des autorités, qu'elle soient soviétiques ou internationales.
Autant d'attitudes et de périls que l'on retrouve inévitablement, hélas, au Japon suite à la catastrophe de Fukushima.
La conclusion du Dr. Yablokov sera que l'industrie nucléaire fait courir à l'humanité et à notre planète autant de risques avec les centrales nucléaires que le nucléaire militaire avec les armements nucléaires.
Transcription et traduction par mes soins, relecture MEH + Marie-France Payrault
Traduction de la présentation : MEH
Édition et sous-titrage par mes soins.
Vladimir Shevchenko, réalisateur de films et caméraman pour la TV Ukrainienne, a couvert la catastrophe de Tchernobyl depuis les tous premiers jours de l'accident. Non prévenu, comme beaucoup d'autres, des dangers des radiations, il y laissera sa peau en quelques semaines. Ce petit film d'origine imprécise, monté à partir d'images d'archives du site d'Elena Filatova, nous fait partager le travail, le destin et la fin tragique des ces hommes, qui ont sacrifié leur vie pour qu'une pollution et une explosion gigantesques ne se produisent pas, ce qui aurait probablement signé entre autres la fin d'une grande partie de l'Europe Le commentaire original semble contenir quelques erreurs et/ou imprécisions, que je me suis efforcé de rectifier. Par exemple, le but des tunnels creusés par les mineurs sous le réacteur n'était pas de renforcer les fondations d'un bâtiment menaçant de s'écrouler, mais d'arriver sous le réacteur en fusion pour en évacuer l'eau et y creuser une chambre de refroidissement, qui sera ultérieurement remplie de béton pour empêcher le coeur en fusion d'atteindre la nappe phréatique. Je suppose également que ce n'est pas un cancer généralisé qui a tué Vladimir Shevchenko en quelques semaines, mais plutôt un syndrome d'irradiation aiguë. La "Gamma Girl" qui d'après le générique de fin se présente comme l'auteur de cette vidéo, est-elle Elena Filatova ? Et les histoires telles que rapportées par cette personne, comme les virées en moto en zone interdite, ne seraient-elles pas quelque peu "enjolivées" ? Finalement peu importe, ça n'enlève rien au poids dramatique de ces images, de ce qui a été le pire accident nucléaire de l'histoire. Le restera-t-il ? L'est-il encore ? Vidéos sources provenant du site http://www.angelfire.com/extreme4/kiddofspeed/ et http://www.consumedland.com/videos_page_fr.html Arrangement traduction et sous-titrage Fr par mes soins.